Le Vent Se lève : créations
2001 ciné concert : La chute de la maison Usher

Jean Epstein

Pour Jean Epstein (1897-1953), chaque art édifie son domaine hostile à tous les autres. Le cinéma doit se garder de se compromettre avec eux, comme avec le moral et le service documentaire. Par contre, ce sont tous les autres arts, à commencer par littérature moderne, qui ont été bouleversés par l'existence du cinéma. Car celui-ci est plus qu'un art, c'est une mystique.
Epstein recherchait une alliance de la science moderne, qu'il étudiait et de la Kabbale. Pour lui, le cinéma représentait la quatrième dimension, la possibilité de se déplacer dans le temps. Et la photogénie n'aurait été rien d'autre que les résultats de variations d'un objet dans l'espace temps. Même dans l'après guerre, Epstein qui influencera Resnais, ne se laissera pas troubler par les "réalistes". Avec la théorie de la relativité et la mécanique quantique, dira-t-il, le réel n'est plus qu'une apparence, ni une essence permanente, mais fonction et relation, comme le montage.
La substance est pensée et le cinéma psychique. Seul celui-ci est capable de dépasser les antinomies séculaires entre esprit et matière, forme et mouvement, espace et temps, sujet et objet, intérieur et extérieur, hasard et déterminisme et de recréer l'unité du corps et de l'esprit. Le gros plans, c'est l'âme visible des choses, la lumière philosophale, l'atmosphère remplit d'amour, dit Epstein, "mais le cinéma que nous connaissons n'est encore rien".

Le film

La Maison Usher passe pour être maudite. Roderick y vit seul avec sa jeune femme Madeline et le médecin, dont la présence constante s'explique par la santé fragile de celle-ci.
Comme tous les Usher, Roderick peint.
Il peint avec passion, le portrait de Madeline, sans savoir que les séances de pose l'épuisent, comme si le pinceau dérobait, chaque fois un peu de sa vie pour la recréer sur la toile ...

Les compositeurs

Ciné-concert sur un film muet de Jean Epstein ( 1928 )
Musique originale pour orchestre d'harmonie de Patrice Caratini et de Mico Nissim.
Commande de l'ARIAM  Ile de France.
 
2002 : EuTéPé

Formation atypique, EuTéPé, l'Ensemble de Trompettes de Paris est composée de Cinq virtuoses, solistes de prestigieuses formations parisiennes ou nationales :

Dominique Collemare, Patrick Fabert, Pierre Gillet, Bruno Nouvion et Luc Roussel

Seul orchestre de ce genre lors de sa création en 1981, EuTéPé a inventé un nouveau répertoire et développe une conception originale du concert :

Au cours de la soirée, EuTéPé, l'Ensemble de Trompettes de Paris a donné son répertoire d'oeuvres originales et inattendues et Le Vent Se Lève, l'harmonie de Cergy a joué les musiques qui ont fait sa réputation d'harmonie atypique. Le concert s'est terminée par une interprétation commune de Jérôme Naulais.

Nous avons choisi volontairement d'organiser ce concert dans un quartier où il n'est pas habituel d'inviter un ensemble composé de musiciens aussi prestigieux.

Lien vers le site de EuTéPé : www.eutepe.com
 
2002 spectacle avec danse contemporaine : Fols Espoirs
Une création pour orchestre d'harmonie et troupe de danse

Dans sa soif de rencontre extra musicale, Le Vent se Lève a souhaité travailler avec la danse.

Cette discipline artistique, dans son rapport avec la musique a apporté à notre orchestre de belles opportunités : plus de nuances, un autre rapport au temps, de nouvelles motivations pour comprendre ce que l'interprétation peut exprimer. Et surtout une dimension autre que le simple concert pour mieux aborder la notion de spectacle vivant.

Nous avions eu la chance, lors des rencontres de danse amateur de Bezons 2001, de découvrir les danseuses de l’atelier de danse contemporaine du conservatoire d’Ermont. Séduits par leur travail, nous avons cherché à rencontrer la chorégraphe. Nous nous sommes alors rendus compte que nos démarches  respectives comportaient de multiples points communs. Une approche sensible et concrète, un besoin incessant d’éviter les lieux communs en construisant quelque chose au plus près de nous-mêmes.

Mico Nissim a assisté à certaines répétitions de danse. Il a pu ainsi commencer à faire des propositions musicales au piano ou sur bande. Au fil du temps, chorégraphie et musique se sont précisées. Le compositeur a pu alors orchestrer  la partie musicale et la mettre en répétition de son côté. Environ un mois avant la création, la troupe de danse et Le Vent se Lève ont travaillé ensemble au montage définitif.

La recherche chorégraphique s’est faite sans musique. Après un découpage préalable en séquences. Le résultat des travaux a été partagé avec le musicien et chacun a modelé ainsi son travail. Un échange constant s’est établi pour aller vers une cohésion totale.

Parmi plusieurs points de départs à notre collaboration, c’est Edward Hopper qui nous a le plus rapproché. Ce peintre américain, au lyrisme intime et mélancolique a dépeint tout au long de son œuvre des personnages dont la "neutralité" les laisse ouverts à beaucoup de lectures : solitude, indifférence, tension psychologique, mystère, sensualité, fragilité…

Autant de points de départ ou d’arrivée (riches de possible) pour la chorégraphe et le compositeur.

L’expérience de ce travail avec des danseuses, se produisant sur de la musique jouée en direct a été tellement concluante, que musiciens et danseuses ont exprimés le désir de poursuivre cette aventure.  Un nouveau spectacle devra voir le jour, dans la continuité de ce qui a été réalisé. Et nous espérons pouvoir nous produire sur d’autres scènes du Val d’Oise et d’ailleurs.

Fols espoirs : création 2005

Une création pour orchestre d'harmonie et troupe de danse autour de l'œuvre de Edward Hopper.
Chorégraphie: CATHERINE TREHEUX.
Musique: MICO NISSIM

Avec l'atelier de recherche chorégraphique du conservatoire Jacques Juteau d'Ermont.

Présentation le 5 ou le 12 juin au Forum des Halles à Paris dans le cadre des rencontres régionales d'instruments à vent organisées par l'ARIAM Ile de France.

Nous sommes très heureux de pouvoir reprendre et poursuivre cette aventure qui avait vu le jour en juin 2002 au Théâtre paul Eluard de Bezons.

Ce spectacle qui met en scène nos 40 musiciens et 4 danseuses tire son argument de la peinture d'Edward Hopper, peintre américain, au lyrisme intime et mélancolique qui a dépeint tout au long de son œuvre des personnages dont la " neutralité " les laisse ouverts à beaucoup de lectures : solitude, indifférence, tension psychologique, mystère, sensualité, fragilité…

Autant de point de départ ou d'arrivée pour la chorégraphe et le compositeur.
Le rapport à l'espace entre les personnages, les regards, la tension de leur relation marquent ces toiles. L'intensité et la force des attitudes, ont donné des points d'appuis très forts à la construction chorégraphique. La gestuelle de chaque personnage est perceptible, leur circulation, leurs émotions sont directement déchiffrables dans l'œuvre du peintre.

FOLS ESPOIRS se compose de quatre mouvements :
Chaque mouvement correspond à un rapport de l'individu au monde qui l'entoure comme dans les tableaux de Edward Hopper. Le premier mouvement parle de l'anonymat dans la ville ; le deuxième, du repli sur soi ; le troisième de la reconnaissance de l'autre dans la solitude et le quatrième est une conclusion personnelle du compositeur qui donne le titre à la pièce et qui est en rupture avec la tension inhérente à toute l'œuvre du peintre.

Edward hopper

Edward Hopper ( 1882-1967 ), entre 1906 et 1910, le peintre séjourne en Europe à plusieurs reprises, et plus particulièrement à Paris, où il étudie les oeuvres des impressionnistes.

De retour aux États-Unis en 1910, il s'installe à Washington Square, et, après avoir exposé un petit tableau intitulé Sailing. L'artiste se consacre presque exclusivement à es scènes de la vie quotidienne ou à des paysages ruraux , peuplés de maisons silencieuses. Pendant plusieurs années, Hopper exécute, pour gagner sa vie, des oeuvres commerciales jusqu'à l'exposition qu'il fait en 1920au Whitney Studio Club à New York.

Entre 1920 et 1930, il connaît un succès considérable auprès du grand public, et ses expositions se font de plus en plus nombreuses. Il continue à s'inspirer des scènes de le vie contemporaine, et cela de 1940à 1960. Il réalise alors "la transcription la plus possible des ses impressions les plus intimes de la nature".

Fasciné par le "chaos de laideur" du paysage américain, il s'y réfère inlassablement dans sa thématique particulière, en évoquant des immeubles déserts et des rues solitaires. Ses dernière oeuvres seront encore une reprise obstinée, mais plus nette et plus sobre encore, des thèmes créés en 1920.

Edward Hopper : Edward Hopper et la musique

"Chaque tableau de Hopper traduit une situation apparemment simple.
Par exemple "Nightawks" montre quatre personnages dans un bar vu de l’extérieur, la nuit, à travers une grande baie vitrée.
Pourtant, l’étrangeté de l’œuvre déclenche rapidement une foule de perceptions. Un thème musical survient et après coup, de multiples variations, comme autant d’associations d’idées jaillies de la simple et pourtant énigmatique contemplation du tableau."

Mico NISSIM

Edward Hopper : Edward Hopper et la danse

"Ce sont d’abord le rapport à l’espace entre les personnages, les regards, la tension de leur relation qui transpire des toiles. L’intensité et la force des attitudes, donne des points d’appuis très forts à la construction chorégraphique. La gestuelle de chaque personnage est perceptible, leur circulation, leurs émotions tout est présent dans l’œuvre du peintre. La matière est importante, ouvrons la porte, entrons dans cet univers, jetons-nous dans leur histoire."
Catherine TREHEUX

L'atelier de danse contemporaine

L’atelier de danse contemporaine du conservatoire d’Ermont est un groupe de six danseuses amateurs animé par Catherine Tréheux  (danseuse, chorégraphe et professeur).
L’occasion leur a été donnée de rencontrer et partager des temps de travail avec plusieurs chorégraphes (Jean-François Duroure, Gigi Caciuleanu, Christine Bastin). Chacune de ces rencontres leur a inspiré une petite chorégraphie. C’est un travail sur l’improvisation et la recherche chorégraphique qui les emmène. Plusieurs univers ont été visité :

- "Depuis le temps que je t'attends", lauréat des rencontres chorégraphiques départementales 92.
- "Mon petit doigt m'a dit", petite pièce inspirée par Les Causeuses de Camille Claudel.
- "L'autre côté", d'après le peintre Escher sur une musique de Marin Marais.
- "Signes et écrits", recherche sur les formes d'écriture et la calligraphie, musique arabe et celte.
- "Pythagore et compagnie", recherche sur l'espace et le cube. Musiques de J.S. Bach.
- "Mizanu", comment les petits gestes des femmes deviennent danse. Musiques de J. Surman et Anouar Brahem.

Catherine Tréheux

Professeur de danse contemporaine de jazz depuis 1972. Elle anime les ateliers chorégraphiques du conservatoire d'Ermont, participe régulièrement aux forums départementaux et anime depuis 1993 des ateliers danse à l'école.
Très active sur le plan pédagogique, elle poursuit sa formation professionnelle permanente, et suit régulièrement des cours ou participe à des stages avec Matt Mattox, Mike Owens, Gigi Ccieuleanu, Peter Goss, Susan Buirge et bien d'autre.
Danseuse professionnelle, elle a été lauréate du concours chorégraphique du Chesnay, elle a travaillé cinq ans avec la Compagnie Rythmage et la Compagnie Jazz Art dirigée par Matt Mattox.
 
2003 et 2004 choeur de 350 enfants : Les histoires naturelles

Les histoires naturelles

pour choeur d’enfants des écoles de Cergy et orchestre d’harmonie

Les Histoires naturelles, création de Mico Nissim sur des textes extraits des Histoires naturelles de Jules Renard.
Il s'agit d'une œuvre écrite pour chœur d'enfants et sextet de jazz. Cette pièce a été créée par La Maîtrise d'Argenteuil (230 enfants) à l'occasion du Festival Autour de la Voix 1995 (commande de la D.D.C. d'Argenteuil). Elle a été reprise au conservatoire municipal de St-Cloud pour la fête de la Musique 2001.
Mico Nissim en a fait une adaptation pour chœur d'enfants et orchestre d'harmonie.
Les enfants de 3 écoles de la ville de Cergy ont répété tout au long de l'année les chansons, sous la direction d'un chef de chœur. Ce fut pour eux l'occasion de découvrir un auteur, un genre musical, un compositeur vivant et un véritable orchestre. Le choix des textes et leur mise en ordre définit un parcours, un chemin symbolique qui va du printemps à l'hiver. En décrivant toutes les nuances du regard humain face au spectacle de la nature. Ici la notion de jazz est illustrée pour les enfants par quelques repères précis. Un rythme qui swingue, une mélodie qui sent le blues, une harmonie "à la Nougaro". Les passages improvisés instrumentaux accentueront le caractère impalpable et imprévisible de toute aventure humaine. Enfin, pour évoquer la forme musicale, on distinguera les chansons, mélodies simples associées à des textes narratifs, et les brèves, petits exercices musicaux, associés à des textes très courts.

Extraits

Le chien

On ne peut mettre Pointu dehors, par ce temps, et l’aigre sifflet du vent sous la porte l’oblige même à quitter le paillasson. Il cherche mieux et glisse sa bonne tête entre nos sièges. Mais nous nous penchons, serrés, coude à coude, sur le feu, et je donne une claque à Pointu. Mon père le repousse du pied. Maman lui dit des injures. Ma sœur lui offre un verre vide.
Pointu éternue et va voir à la cuisine si nous y sommes.
Puis il revient, force notre cercle, au risque d’être étranglé par les genoux, et le voilà dans un coin de la cheminée.
Après avoir longtemps tourné sur place, il s’assied près du chenet et ne bouge plus. Il regarde ses maîtres d’un œil si doux qu’on le tolère. Seulement le chenet presque rouge et les cendres écartées lui brûlent le derrière.
Il reste tout de même.
On lui rouvre un passage.
"Allons, file ! es-tu bête !"
Mais il s’obstine. A l’heure où les dents des chiens perdus crissent de froid, Pointu, au chaud, poil roussi, fesses cuites, se retient de hurler et rit jaune, avec des larmes plein les yeux.

Le chat

Le mien ne mange pas les souris ; il n’aime pas ça. Il n’en attrape que pour jouer avec. Quand il a bien joué, il lui fait grâce de la vie, et il va rêver ailleurs, l’innocent, assis dans la boucle de sa queue, la tête bien fermée comme un poing.
Mais, à cause des griffes, la souris est morte.
On lui dit : "Prends les souris et laisse les oiseaux !"
C’est bien subtil, et le chat le plus fin quelquefois se trompe.

La poule

Pattes jointes, elle saute du poulailler, dès qu’on lui ouvre la porte.
C’est une poule commune, modestement parée et qui ne pond jamais d’œufs d’or.
Eblouie de lumière, elle fait quelques pas, indécise, dans la cour.
Elle voit d’abord le tas de cendres où, chaque matin, elle a coutume de s’ébattre.
Elle s’y roule, s’y trempe, et, d’une vive agitation d’ailes, les plumes gonflées, elle secoue ses puces de la nuit.
Puis elle va boire au plat creux que la dernière averse a rempli.
Elle ne boit que de l’eau.
Elle boit par petits coups et dresse le col, en équilibre sur le bord du plat.
Ensuite elle cherche sa nourriture éparse.
Les fines herbes sont à elle, et les insectes et les graines perdues.
Elle pique, elle pique, infatigable.
De temps en temps, elle s’arrête.
Droite sous son bonnet phrygien, l’œil vif, le jabot avantageux, elle écoute de l’une et de l’autre oreille.
Et sûre qu’il n‘y a rien de neuf, elle se remet en quête.
Elle lève haut ses pattes raides, comme ceux qui ont la goutte. Elle écarte les doigts et les pose avec précaution sans bruit.
On dirait qu’elle marche pieds nus.

Rencontres avec des musiciens professionnels

2001
Monade avec le Tubapack de Marc Steckar.

2002
Le Vent des Hélices de Jérôme Naulais avec EuTéPé l'Ensemble de Trompettes de Paris.
Le Concert secret de Mico Nissim avec Yves Bauer.
Tubaobab de Marc Steckar avec André Cazalet.

2001
Eric Le Lann . Concerto d'Aranjuez arrangement de Gil Evans.

Rencontres avec des musiciens amateurs

2001
L'âme des lames de Mico Nissim et Jacques Bolognesi avec La classe d'accordéons et l'Harmonie du C.N.R. la Courneuve d'Aubervilliers.
Tango pour Claude de Richard Galliano, arrangements de Marc Steckar et Les Marquises de Jacques Brel, arrangements de François Rauber avec la chorale Musaïques.